"La Passerelle" de Lorrie Moore

Publié le par librairies-renaissance.over-blog.com

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  • L'avis de Nourhane:

 

Ce roman est bien fait sans qu’on le qualifie pour autant d’extraordinaire, mais durant ma lecture, j’ai toutefois eu le sentiment d’un livre frais et bien sympathique.


L’héroïne Tassie est une vraie country girl, elle vit dans sa campagne sans regretter le fait de ne jamais avoir mis les pieds ni dans un taxi, ni dans un restaurant chinois. Elle décide toutefois à vingt ans de quitter sa famille qu’elle aime, ainsi que son Midwest, pour poursuivre ses études en s’installant dans la ville de Troie, où elle étudiera le soufisme et rencontrera son ami brésilien.

Elle décide, pour arrondir ses fins de mois, de garder la petite fille adoptive d’un couple actif, les Brink. Elle s’attachera à cette nouvelle famille, elle qui est loin de la sienne, et plus particulièrement à la petite Mary-Emma, une petite métisse.


Tassy est candide sans pour autant être bête, elle se retrouve confrontée à un monde d’adultes sans merci, et à cette Amérique, qui contraste avec les valeurs d’égalités qu’elle revendique à travers le monde.

C’est donc dans ce décor vivant, l’Amérique du début du 21ème siècle, endeuillée à jamais par le 11 septembre et par les soldats morts en Afghanistan, que se tisse la vie des personnages de ce roman.


Tassy découvrira aussi le racisme d’une Amérique qui se dit fière de ses origines multiples. L’écriture de Lorrie Moore peut être qualifiée d’aigue, de détaillée, toujours accompagnée d’humour et non de sarcasme. Elle décrit avec une incroyable finesse les portraits qu’elle nous livre.


200 pages dans lesquelles on découvre un brin amusé(e) cette américaine loin des clichés de Sex and the City ou de Gossip Girl.

 


  • Un extrait:

 

« Le monde vert et morne de la ferme de mes parents, sans bétail ni chevaux – son ennui, ses mouches, son silence déchiré chaque jour par les fumées et le ronronnement des moteurs – s’était évanoui pour me faire découvrir une vie urbaine riche en livres, films et camarades pleins d’esprit. Quelqu’un avait allumé la lumière pour moi. Quelqu’un m’avait fait sortir de ma grotte de Perryville Road. Mon esprit était enflammé par Chaucer, Sylvia Plath et Simone de Beauvoir. Deux fois par semaine, un jeune professeur du nom de Thad, qui portait un jean et une cravate, venait parler avec excitation à un amphithéâtre rempli de gosses de ferme aussi éberlués que moi de la pratique masturbatoire de la virgule par Henry James. J’étais ensorcelée. Je n’avais encore jamais vu d’homme qui portait une cravate avec un jean. »

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